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Les plaisirs coupables d’un MANE
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Mon épouse et moi sommes allés skier l’autre jour. En fait, nous étions absents pendant deux jours… de semaine ! Et nous avons laissé nos filles à la maison pour se débrouiller toutes seules.

C’était la deuxième fois cet hiver que nous abandonnions nos enfants, la première étant un mercredi en mars. Quel sentiment sensationnel (quoique franchement fugace) de liberté ! Nous avons même vu cette avalanche :

Avalanche cropped

C’est le premier hiver où nous prenons congé la semaine, quand nos enfants sont à l’école, pour échapper à la routine quotidienne. Mais, croyez-moi, ce ne sera pas le dernier !

Irresponsable ? Je ne le crois pas…

Peut-être que vous nous trouvez irresponsables de sortir nos skis alors que nous devrions nous occuper de nos enfants. Et je dois admettre que j’avais un léger pincement de culpabilité en quittant la ville. Après tout, c’était une journée de travail !

D’où vient cette attitude cavalière ?

Ça doit être ma réaction au fait que mon rôle de parent évolue malgré moi. En effet, je dois faire face au fait que mes filles ne me considèrent plus indispensable… elles ne sautent plus dans mes bras lorsque je rentre chez nous… elles ne m’écoutent plus comme avant, même quand je partage ma sagesse (qui semble les impressionner nettement moins ces temps-ci)…

Hélas, je suis en train de me métamorphoser en MANE.

C’est parce que mes enfants ont 19 et 16 ans. Cela veut dire qu’elles ont besoin de nourriture, d’un toit au-dessus de leur tête, du transport (idéalement sous forme de clés de voiture et d’un réservoir plein) et, de temps en temps, de l’argent comptant. Mais de notre présence bienveillante ? Voyons donc ! Elles sont ravies quand nous quittons la maison et, dès que nous rentrons, elles nous demandent quand nous prévoyons repartir !

Mais qu’est-ce qu’un MANE ?

En y réfléchissant, je me rends compte que mon épouse et moi avons déjà été des MANE, mais seulement pour de courtes périodes. Cette fois-ci, par contre, c’est différent. Il s’agit d’un changement fondamental de notre rôle de parents.

Nos oisillons commencent à déployer leurs ailes et ils ont besoin d’espace. En même temps, ils ont encore besoin de nous, quoique de façon différente de quand ils étaient jeunes.

Autrement dit, nous sommes devenus un Mal nécessaire, ou MANE.

Mais, figurez-vous, ça ne me dérange pas. C’est ce que j’ai fait à mes parents et je serais inquiet si mes enfants n’en faisaient pas autant, à leur manière.

Souvent lors de mes ateliers, j’affirme que notre travail de parent (bien qu’il ne soit jamais terminé) est d’assurer que nos enfants se développent une base personnelle solide avant la fin de leur études secondaires. Par exemple, si nous voulons qu’ils deviennent bilingues, nous devons veiller à ce qu’ils grandissent avec deux langues. Cela implique, entre autres, les inscrire dans le système d’éducation francophone.

Nous faisons tout ce que nous pouvons pour aider nos enfants à grandir et à s’épanouir, et si tout va bien, nous nous rendons superflus — et redécouvrons la liberté de poursuivre nos propres activités !

 
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