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Une FrancoZone aux "hotspots" anglais
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Tous les parents qui veulent participer à l’éducation de leurs enfants sont bien intentionnés… mais cela ne veut pas dire qu'ils sont tous bien informés pour autant! Par exemple, ceux qui maintiennent qu’ils ont le droit de parler anglais, et de se faire adresser la parole en anglais, partout dans l'école francophone (et de recevoir toutes les communications écrites en anglais) n’ont pas encore saisi le fondement de l'éducation de leur enfant :

Les écoles de langue française en milieu minoritaire existent pour que les parents ayants droit francophones selon la Charte canadienne puissent faire éduquer leurs enfants en français langue maternelle.

Il s’agit donc d'une institution de langue officielle dont le mandat comprend l'enseignement en français du curriculum provincial ou territorial, la transmission de la culture francophone, la construction d’une identité francophone chez les jeunes et l’appui institutionnel de la communauté francophone.

Bref, l’école est une grande FrancoZone, ou un espace où le français doit être la langue prédominante.

Ceci dit, la plupart des jeunes dans le système aujourd'hui ont un parent francophone et un parent non francophone. Il y a aussi quelques élèves issus de familles où le français n'est plus, ou n'a jamais été, une langue familiale. Cette réalité soulève des défis dans des écoles à travers le Canada.

Une question de respect

Les défis proviennent de la nécessité de respecter la raison d'être de l'école tout en trouvant des façons d'aider les parents non conversant en français à s'impliquer.

Rappelons une différence importante entre l’éducation francophone et les programmes d'immersion française, à savoir que le français est la langue principale du système francophone plutôt qu'une langue seconde que l’on parle surtout dans la salle de classe.

Ainsi, l'expérience éducative francophone repose, entre autres, sur l’emploi du français dans toutes les sphères d’activité, y compris au sein de l' administration, entre enseignants, aux réunions du comité de parents, lors d'évènements sociaux et ainsi de suite. Le fait que les adultes engagés dans leur éducation utilisent et valorisent le français renforce son importance chez les jeunes.

Pourquoi inclure le comité de parents dans cette liste, surtout quand les élèves n’assistent pas aux réunions sauf dans certaines écoles secondaires? Beaucoup de parents francophones étant bilingues, n’est-il pas logique de tenir les rencontres en anglais? Ou au moins de manière entièrement bilingue?

On entend cet argument parfois, et à prime abord il pourrait paraître logique. Mais respecte-t-il l'intégrité du système d'éducation francophone? Non. Démontre-t-il une compréhension des raisons pour lesquelles l'école francophone existe? Non plus. Transmet-il aux enfants un message positif par rapport au français? Au contraire, il laisse entendre que le français est bon pour la salle de classe mais que l'anglais est la seule langue dont les adultes ont besoin.

La pente glissante

Démanteler petit à petit la fondation du système d’éducation francophone parce qu’il est plus facile pour certains parents de communiquer en anglais, c’est permettre à l'anglais de remplacer le français dans l'école, qui finira par ressembler à un programme d'immersion française (ce que les gouvernements ne veulent pas voir quand il est question de financement.)

Quant à l’impact sur les enfants, ils sauraient que le français ne se parle que dans la salle de classe, comme une langue académique plutôt que vivante, ce qui diminuerait son importance. L’anglais étant la langue "cool" mondiale, il a déjà un statut certain. Son emploi fréquent dans le système francophone renforcerait ce statut au détriment du français.

Alors, comment peut-on accueillir les parents non conversant en français dans un système où le français prédomine? Ce ne sont pas les occasions qui manquent. Par exemple, lors d’échanges entre parents ou avec le personnel enseignant; aux pièces de théâtre où une traduction anglaise est projetée sur un écran; pendant des réunions du comité de parents lorsqu’on fournit un bref résumé en anglais (plutôt qu’une version intégrale) des informations déjà présentées en français; aux évènements de la communauté scolaire où l’on souhaite la bienvenue aux parents en anglais; à la rencontre du début d’année quand les enseignants expliquent en anglais ce que les élèves apprendront; lors d’activités de bénévolat; et ainsi de suite.

Quand les parents savent que leur présence et souhaitée et valorisée au sein d’un système qu’ils comprennent et respectent, on peut trouver une foule de façons de les aider à s’engager.

Une FrancoZone avec des « hotspots » anglais

Un jour, quand je discutais de cette situation avec un parent, il a proposé une image brillante : « L’idéal, ce serait que l’école soit une grande FrancoZone avec des hotspots anglais! »

En effet, quand on applique le concept FrancoZone au cadre scolaire, on se rend compte que l'école est l'une des FrancoZones les plus importantes que l’on peut créer pour nos enfants.

Tout le monde peut contribuer à cette FrancoZone en parlant français autant que possible dans l'école. Même s’il s’agit d’un simple « Bonjour » ou « Au revoir », chaque mot français vient renforcer l'importance de la langue aux yeux des élèves.

Il ne faut pas oublier que ce ne sont pas tous les enseignants qui sont à l'aise en anglais en tout temps. Ceux-ci méritent autant d'encouragement avec leur langue seconde que les parents. C'est une question de respect, qui est au cœur de l'approche FrancoZone.

Une communauté bâtie sur la compréhension et le respect fournit un milieu plus sain pour les enfants que celui où l’on permet à la logique bien intentionnée mais erronée d'en éroder les fondations.

 

 
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